La sécurité des hôteliers à l’épreuve des nouveaux « hackers »

La saison estivale annonce la multiplication des « hackers » qui profitent des failles de sécurité des hôtels pour cambrioler les chambres de clients fortunés. Les assureurs ont un rôle à jouer auprès des hôteliers dans la prévention de ce type de vol.

Récemment, un client russe qui séjournait au sein du célèbre hôtel Negresco de Nice a été victime d’un vol digne d’Arsène Lupin. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’auteur des faits aurait escaladé la façade de l’établissement afin de s’introduire dans la chambre de la victime.

Si cet évènement n’est pas sans rappeler d’autres vols spectaculaires qui se sont produits ces dernières années, il annonce les prémisses d’une nouvelle saison touristique pour les hôteliers, mais également pour leurs assureurs.

Cette hausse n’a pas vocation à remettre en cause le régime de responsabilité applicable à ces professionnels du tourisme. Cependant, les mesures de sécurité prises par les hôteliers, en leur qualité de dépositaires des biens de leurs clients, soulèvent des interrogations. En effet, de nombreux hôtels ne disposent d’aucun système de sécurité ou ne sont pas suffisamment équipés, absence de système de vidéosurveillance par exemple, au regard de la typologie des lieux.

Les serrures électroniques, longtemps considérées comme un gage de sécurité par rapport aux serrures classiques, ne sont plus infaillibles face à des malfaiteurs qui ne cessent de s’équiper en gadgets technologiques. Les services de police, mais également certaines entreprises spécialisées dans ce type d’ouverture, ont fait part de leur impuissance face au développement de ces « hackers ». Dans un article publié en 2012, l’un d’entre eux avait confirmé la création d’un boitier permettant d’accéder à près de 4 millions de chambres d’hôtel dans le monde, en raison de la « standardisation de ce type de sécurité ». De plus, l’utilisation de certains de ces boitiers ne laissant aucune trace sur les rapports de serrures des établissements, la véracité du vol est parfois contestée au cours de l’analyse des causes et des circonstances du sinistre.

Un hôtel de luxe situé dans les Alpes Autrichiennes a récemment été victime d’une autre forme de vol, son système de sécurité a été piraté pour empêcher les clients d’accéder à leur chambre. Face à l’impuissance des autorités, l’établissement a accepté de payer une rançon aux pirates, afin que ces derniers acceptent de débloquer le système.

S’il peut être difficile d’anticiper ce type d’événement, il convient de rappeler que le régime prévu par les articles 1952 et suivants du Code civil fait peser sur les hôteliers un régime de responsabilité relativement contraignant.

A ce titre, et compte tenu de l’augmentation et de l’ampleur de ces sinistres, qui peuvent atteindre  plusieurs dizaines de milliers d’euros par client, les moyens de dissuasion mis en œuvre par les hôteliers ne peuvent être négligés. Une vérification du risque apparaît alors essentielle afin de mesurer l’étendue du système de sécurité et de surveillance de l’établissement.

 

Stéphanie DUMOULIN, Expert Industries et Services