Quand la science se met au service de l’art

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Il est peu commun d’associer certains domaines et parmi ceux-ci, la science et l’art. Pourtant la science peut devenir un allié au service de l’art, notamment en matière d’expertise.

La miniaturisation opérée sur les machines ces dernières années permet aux experts et aux chercheurs d’appliquer des techniques directement sur le terrain. Celles-ci ont gagné en précision et sont également nettement moins invasives qu’auparavant. Démonstration en quelques exemples.

La presse s’est fait l’écho en début d’année de nouvelles découvertes en Egypte concernant la tombe de Toutankhamon. Le Ministère égyptien des Antiquités confirmait alors que l’utilisation de radar avait permis de mettre en évidence l’existence de salles secrètes derrière la chambre funéraire du pharaon. Le Ministère étudie depuis les méthodes permettant de sonder l’intérieur de ces salles de manière efficace et non invasive. La possibilité de déplacer le mur mitoyen pour ne pas endommager sa fresque est également envisagée. Quoi qu’il en soit, les solutions qui seront retenues sont attendues avec impatience par les égyptologues et les passionnés d’Egypte ancienne.

 

Golden Mask of egyptian pharaoh Tutankhamun, Replica

 

En matière de modélisation 3D, l’utilisation d’un scanner portatif rend possible l’analyse d’une sculpture sur le site où elle est exposée. Une comparaison informatique entre la sculpture originale et celle à expertiser met alors en évidence les éventuelles déformations spatiales, avec une précision submillimétrique. En cas de doute sur l’authenticité d’une œuvre, il devient possible de se prononcer avec des éléments de preuve tangibles et recevables le cas échéant devant un Tribunal. En cas de dommage sur l’œuvre, les pertes de matière sont quantifiables en reconstituant la sculpture à partir des fragments.

Les techniques d’analyse permettent également de déterminer les matériaux employés lors de la création de l’œuvre, mais également ceux des éventuelles restaurations. Elles contribuent ainsi à retracer un historique de l’œuvre dans sa globalité. Ainsi l’histoire d’une statuette d’une déesse mésopotamienne exposée au Louvre est particulièrement révélatrice. Découverte dans une nécropole babylonienne puis donnée au musée en 1866, elle a longtemps été présentée comme faite en albâtre avec des yeux incrustés de pâte de verre rouge.

Des analyses ont été menées par le Centre de recherche et de restauration des musées de France, au moyen d’Aglaé, l’Accélérateur Grand Louvre d’Analyse Elémentaire. Unique installation de ce type dans le monde à être implantée dans un laboratoire de musée, Aglaé est dédié exclusivement à l’étude d’objets du patrimoine. Ses méthodes d’analyse, que ce soit par l’émission X ou encore par réactions nucléaires, ont l’avantage d’être non destructives.

Après étude des résultats obtenus, les yeux de la statuette se sont avérés composés de rubis depuis l’origine. Les analyses diligentées ont même permis de déterminer que ces rubis provenaient de Birmanie, grâce à leurs inclusions, et ainsi d’ouvrir une nouvelle piste de recherche historique sur les échanges commerciaux entre cette région du monde et la Perse.

Pour conclure, qu’elles soient au service des experts après sinistre, ou en amont de ceux-ci sur des œuvres intactes, les analyses scientifiques sont un véritable enjeu en matière assurantielle.

 

Diane MACCURY
Expert Arts et Médias – Groupe GM Consultant