Propagation du feu : étude de cas d’incendie de parking

L’origine d’un feu n’est pas le seul élément que l’expert incendie analyse sur une scène de sinistre. Au-delà de l’identification de la cause, l’expertise reconstitue les conditions précises de la propagation d’un feu afin de s’assurer que les dommages constatés ne résultent pas de malfaçons ou de mauvais comportements. Cette investigation globale effectuée par Julien Dapremont, notre expert RCCI, permet une meilleure identification des responsabilités et l’appréhension rapide des recours à mettre en place.

 

Reconstituer le scénario d’un incendie

Une expertise incendie commence par la modélisation de l’existant avant sinistre. Cette étape essentielle impose un examen précis des lieux et des témoignages afin de pouvoir restituer la vie dans les locaux avant la survenue de l’incendie.

À l’aide de nouvelles technologies, telles que l’emploi de drones, de scanner 3D ou encore de la modélisation 3D, l’expert parvient à identifier le plus fidèlement possible les volumes, les modes de construction et les aménagements. Il lui appartient ensuite de définir un scénario de développement cohérent.

De multiples supports réglementaires sont également étudiés et comparés à la mise en œuvre réalisée. Il s’agit des documents techniques, des normes, du Code de la construction et de l’habitation et de tous les autres textes susceptibles de définir la sécurité incendie exigible en fonction de la nature et de l’âge du bâtiment.

 

Une étude de cas : incendie de parking

Un véhicule est à l’origine d’un feu dans un parc de stationnement. Les fumées de cet incendie ont noirci les locaux mitoyens et détérioré des installations sensibles. L’origine du sinistre étant déterminée, l’expert s’interroge sur les raisons de la propagation des fumées aux locaux mitoyens. L’expertise permet de localiser une percée qui met en communication le parc de stationnement et les locaux enfumés. Un chemin de câbles électriques parcourt cette trouée et alimente les équipements techniques. Lorsqu’un feu se développe dans un milieu semi-confiné, il produit des fumées en surpression. Celles-ci vont cheminer par des vides de construction et des portes ouvertes. Ces fumées toxiques, corrosives et inflammables peuvent intoxiquer des victimes, propager l’incendie ou encore détériorer des installations techniques en les oxydant.

Dans ce cas précis, l’article 82 de l’arrêté du 31 janvier 1986 modifié impose que la dalle située entre le parc de stationnement et les habitations soit capable de retenir un incendie pendant 2 heures minimum. Ce qui signifie qu’il ne devrait exister aucune percée ni aucun vide de construction entre les deux édifices. Les articles 46 et 88 du même arrêté permettent la traversée de la dalle par des conduits combustibles à condition que leur diamètre soit inférieur ou égal à 125 mm et que l’espace libre laissé autour desdits conduits soit rebouché sur toute l’épaisseur du plancher par des matériaux incombustibles.

Dans le cas de notre dossier, la trouée empruntée par les câbles électriques n’est pas rebouchée et rompt l’isolement exigible. Il y a un problème de conformité avéré, la responsabilité de l’entreprise en charge des travaux est donc engagée.

La mise en évidence des défauts d’isolement n’est bien sûr que l’une des nombreuses analyses qu’un expert incendie est capable de mener en parallèle de l’identification de l’origine.

 

Julien DAPREMONT, Expert Industries & Biens de consommation

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