Sur un petit nuage avec le Cloud ?

Le Cloud computing connaît une véritable explosion ces dernières années. Mais pourquoi exactement ? Quels sont les avantages, mais également les risques spécifiques associés ?

Le Cloud en quelques mots

Dans un certain sens, la novation qu’est le Cloud computing rejoint l’informatique « préhistorique » que représentent les mainframes, grands systèmes centralisés issus des années 60.

Pour ces deux technologies, le principe consiste à déporter la puissance de calcul et les moyens de stockages sur des serveurs distants. Dans le cas du Cloud, les ressources informatiques sont accédées via Internet et l’ergonomie est largement plus aboutie que celle des vieux systèmes monochromes.

En d’autres termes, « l’intelligence n’est plus sur le poste de travail de l’utilisateur, mais disponible sur Internet ».

Le Cloud est apparu dans les années 90 et depuis n’a cessé de se développer. Tant et si bien qu’en 2013, les dépenses mondiales en services Cloud ont été estimées à 47 milliards de dollars et que d’ici 2017, elles devraient atteindre 108 milliards de dollars.

Une souplesse technique et financière

Le Cloud computing s’est largement développé en raison de ses avantages, malgré la réticence initiale des sociétés de voir leurs données stratégiques sortir de l’entreprise.

En effet, les applications hébergées dans le Cloud sont accessibles depuis un simple navigateur Internet : le déploiement des logiciels sur chacun des postes utilisateurs n’est plus nécessaire, les ressources informatiques (applications et données) peuvent être rendues disponibles depuis n’importe quel endroit et éventuellement depuis n’importe quel périphérique (tablettes, smartphones, …).

De surcroit, les services Cloud étant généralement accessibles en location, les entreprises peuvent adapter leurs besoins (abandon ou mise en place de nouvelles applications, variation du nombre d’utilisateurs etc.) et leurs ressources chaque mois. Par ailleurs, il n’y a pas d’investissement initial, souvent lourd, à prévoir pour acquérir un parc de serveurs et les coûts d’utilisation sont calculés en fonction du niveau de consommation des ressources.

Enfin, tout ou partie des opérations d’administration, de maintenance ou encore de mise à jour sont déléguées aux entreprises dépositaires du Cloud. Ces sociétés sont capables de déployer des compétences ultra pointues, que leurs clients n’auraient sans doute pas les moyens d’internaliser.

Le Cloud, solution idéale ?

Cette liste d’avantages tendrait à en convaincre plus d’un que le Cloud est une solution idéale pour répondre aux besoins informatiques des entreprises. Cela peut effectivement être le cas, mais en fonction des attentes de chacun et à la condition de respecter certains points de vigilance.

Tout d’abord, un contrat d’hébergement Cloud exclura systématiquement les conséquences liées à une indisponibilité des services due à une défaillance des réseaux de transmission, permettant d’accéder aux applications et données. La responsabilité du prestataire pourra être éventuellement engagée uniquement s’il est également le fournisseur des services d’accès à Internet.

Quoi qu’il en soit, pour des considérations opérationnelles, les sociétés utilisatrices ont donc tout intérêt à s’assurer de la qualité de leur connexion, et en fonction de la criticité de leurs applications métier, de prévoir une ligne de secours pour permettre un mode de fonctionnement dégradé.

Pour leur part, les SLA (Service Level Agreement) prévues au contrat définissent le Niveau de Qualité de Service délivré par le prestataire. Elles précisent généralement la durée et le pourcentage maximum d’indisponibilité sur une période de facturation. La non-atteinte des SLA doit déclencher le paiement de pénalités de la part du prestataire.

Ensuite, le Cloud, tout comme les serveurs classiquement hébergés au sein d’une entreprise, reste constitué d’équipements également soumis aux pannes matérielles aussi bien qu’aux attaques (déni de service, ransomwares, etc.)

Dans tous les cas, il est important de savoir si le contrat Cloud souscrit l’est directement auprès de l’hébergeur ou au travers d’un intermédiaire revendeur. En cas d’incident et en fonction des clauses limitatives de responsabilité de l’hébergeur et du revendeur, les recours peuvent s’avérer plus ou moins complexes.

Il n’y a pas de solution meilleure que l’autre, mais il est utile de connaître le schéma contractuel pour vérifier qu’il est adapté au cas d’emploi. Il est déterminant, notamment, d’identifier de manière certaine le processus et l’acteur en charge de la sauvegarde des données : société utilisatrice (certains contrats Cloud prévoient que l’achat de la prestation de sauvegarde ne la dédouane pas de faire des copies régulières de ses données), revendeur, hébergeur. Cloud ou pas Cloud, la perte des données et l’incapacité à disposer d’une sauvegarde reste un sinistre majeur pour les entreprises.

En une phrase : le Cloud oui, mais pas la tête dans les nuages.

 

Olivier Gévaudan
Expert risques NTIC, Groupe GM Consultant