La voiture autonome a encore du chemin à parcourir !

Le salon de Genève ferme les portes de sa 86ème édition, mais le débat sur la voiture autonome reste plus que jamais d’actualité. Certains constructeurs affichent leurs ambitions de faire circuler un véhicule autonome vers 2030. La technologie est en plein développement mais la réglementation n’est pas prête pour autoriser la circulation des véhicules autonomes. Si certains constructeurs engagent leur implication en cas d’accident, il conviendra de définir clairement les responsabilités en cas d’accident.

Voiture autonome : du virtuel à la réalité en seulement quelques années

On appelle « voiture autonome » une voiture capable de se déplacer toute seule sans conducteur, ou avec une aide plus ou moins importante de ce dernier.

C’est en 1994 que s’est tenu le premier congrès mondial sur l’aide à la conduite. Lors de cet événement, les chercheurs affichaient leur ambition : développer des systèmes anticollisions avant 1999 ! Lors de ce congrès, Mercedes-Benz effectue une démonstration à Paris, de deux véhicules autonomes pilotés par des logiciels et capables de réaliser une conduite en file, changement de file et dépassement avec une vitesse de pointe de 130 km/h.

Dès 2012, les premières Google Cars sont autorisées à circuler sur les routes du Nevada. Les Etats-Unis imposent cependant, aux constructeurs automobiles, des permis de conduire pour les véhicules autonomes, permettant au conducteur de reprendre la main à tout moment sur le véhicule.

Des technologies et une législation qui doivent encore évoluer…

Au-delà de la législation, le développement des véhicules autonomes a nécessité, pour les équipementiers, de relever des défis technologiques, notamment concernant les capacités de portée des radars embarqués.

Globalement, trois technologies de radars équipent les véhicules :

  • les caméras ;
  • les radars à ultrason ;
  • le télémètre laser (LiDAR).

Les portées se limitent à 100 mètres pour les caméras et 200 mètres pour les radars à ultrason. Le faisceau laser est quant à lui environ un million de fois plus rapide que l’ultrason, et donc bien plus adapté à l’usage des véhicules autonomes.

Pour évoluer, les véhicules autonomes ont donc besoin de nouvelles technologies de radars, de moyens de communication entre véhicules, de cartographies embarquées précises et d’un réseau fiable afin d’assurer l’interconnexion.

En complément du développement des technologies embarquées, les constructeurs cherchent donc à mutualiser les données relevées par les différents capteurs des véhicules autonomes afin de créer un « réseau » de véhicule autonome et ainsi multiplier les informations transmises. Des organismes certifiés ETSI, et CEN ont pour mission de standardiser un protocole commun entre chaque véhicule.

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…pour permettre une montée à bord aux alentours de 2030 !

La mutation des véhicules classiques vers les véhicules complétement autonomes est classée en 5 phases :

  • Phase 0 : aucune automatisation ;
  • Phase 1 : assistance à la conduite ;
  • Phase 2 : automatisation partielle ;
  • Phase 3 : automatisation conditionnelle ;
  • Phase 4 : automatisation élevée ;
  • Phase 5 : automatisation complète.

Actuellement, le développement des véhicules autonomes a atteint la phase 3. Le niveau 5, autrement dit, le véhicule capable de circuler sans chauffeur n’est actuellement pas autorisé par la réglementation française. Son arrivée est estimée aux environs de 2030.

L’évolution de la réglementation et la mutation du parc automobile avec l’arrivée des véhicules complétement autonomes n’est donc pas imminente mais est pourtant très médiatisée.

Au-delà du défi technologique et des résultats encourageants, il restera à définir de nouvelles règlementations relatives au véhicule autonome et anticiper les problématiques sociales et économiques du secteur automobile.

Sébastien Elie et Bertrand BOIRON

Experts du pôle automobile, Groupe GM Consultant