Le Grand Paris Express : un chantier hors-normes 

Qualifié de « chantier du siècle », le Grand Paris Express est un projet de réseau de transport public. Composé de quatre lignes de métro autour de Paris, avec 200 km de nouvelles lignes, il va profondément transformer la mobilité des franciliens et remodeler l’ensemble de la géographie du Grand Paris. 

 

Mis en œuvre par la Société du Grand Paris (SGP), le Grand Paris Express est le plus grand projet urbain en Europe. Bien qu’elle ne soit pas encore terminée, l’année 2019 est déjà marquée par l’accélération des activités liées au Grand Paris Express. Une quinzaine de tunneliers a en effet été déployée et de nombreux chantiers préparatoires basculent en chantiers de génie civil. L’attribution des Jeux Olympiques de 2024 à la capitale a permis de clarifier les investissements prévus et d’en préciser le calendrier.  

 Au total, pas moins de 21 tunneliers vont entrer en action simultanément, pour creuser à une profondeur moyenne de 30 à 40 mètres (à titre de comparaison, le métro parisien se situe à 10 mètres sous terre). Le premier tunnelier a commencé le percement de la future ligne 15 du réseau en janvier dernier à Champigny-sur-Marne, avec une fin des travaux prévue en 2020. 

 Outre ce nouveau métro automatique, le Grand Paris prévoit : 

  • 4 nouvelles lignes de métro 
  • 68 nouvelles gares 
  • 4 prolongements de lignes existantes  
  • 200 000 m2 de commerce et d’activité  
  • 70 000 nouveaux logements par an 

En moyenne, la construction d’une gare de ces nouvelles lignes de métro représente un chantier équivalent à celui d’un immeuble de dix étages creusés dans le sol, de 100 mètres de long et de 70 mètres de large. 

La construction d’un ouvrage d’une telle envergure constitue inévitablement une source de risques et de litiges de toute nature. Dans un tel contexte, la maîtrise des différentes problématiques techniques est évidemment nécessaire, mais non suffisante : l’expertise doit également s’appuyer sur une parfaite connaissance du fonctionnement des marchés de travaux publics et privés de construction. Toutes ces connaissances sont indispensables pour la bonne instruction d’une mission d’expertise amiable ou judiciaire, pouvant être initiée dans le cadre d’un sinistre ou d’un litige opposant plusieurs parties. 

 

Des sinistres variés et d’une grande technicité 

Les sinistres RC rencontrés ne concernent pas les chantiers eux-mêmes, mais sont essentiellement liés à des dommages sur l’existant. Il s’agit pour beaucoup de tiers extérieurs aux chantiers du Grand Paris qui signalent des désordres comme étant liés à des phénomènes vibratoires causés par les travaux, comme par exemple des fissures. Les vitesses particulaires ne sont d’ordinaire pas de nature à menacer l’intégrité des constructions avoisinantes, mais elles n’en demeurent pas moins perceptibles, et peuvent donc être vécues comme une nuisance pour les riverains d’un chantier. Il revient à l’expert de déterminer si les vibrations provoquées par les travaux sont responsables des fissures au cas par cas. Pour cela, il analyse les mesures des vitesses particulaires sur les chantiers, et il les met en relation avec leur distance à la structure sinistrée.  

Les risques sont multiples pour les Maîtres d’ouvrage et pour les entreprises ; ils existent en cours de chantier, mais également après la réception de l’ouvrage. En effet, la garantie décennale couvre des dommages pouvant affecter une construction pendant une durée de 10 ans. La responsabilité civile des maîtres d’ouvrage peut donc se voir engagée bien après la fin des travaux.  

Les travaux du Grand Paris Express devraient s’étendre jusqu’à minimum 2030. A terme, ils contribueront à créer au moins 115 000 emplois, et le Grand Paris Express apportera à la France un PIB additionnel de 10 à 20 milliards d’euros par an. Les risques seront probablement amenés à évoluer avec le développement de ce projet colossal et au long cours. Les compagnies d’assurance comme celles d’expertise auront donc un rôle important à jouer afin d’assurer une bonne gestion des risques.

 

Nicolas CHAUVET, Expert Construction

TGS | Groupe Stelliant

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