La gestion d’un sinistre incendie en milieu industriel

La survenue d’un sinistre dans le secteur industriel n’est jamais anodine. Elle implique nécessairement une baisse d’activité souvent longue, voire un arrêt total de la production, avec pour conséquence des pertes financières importantes. Dans ces conditions, les premiers moments qui suivent le sinistre sont déterminants pour en limiter l’impact 

L’incendie est un risque important dans le secteur industriel. En France, sur ces dix dernières années, on dénombre environ 1 200 accidents industriels causés par un incendie. Dans ce type de situation, la problématique est double. L’une, opérationnelle, concerne la reprise de l’activité alors que les lignes de production sont arrêtées. L’autre touche à la prévention, afin d’éviter qu’un tel sinistre ne se reproduise. 

 

Les sinistres industriels : bien plus que des dégâts matériels 

En plus des dégâts matériels qu’il peut causer sur l’outil de production, un incendie dans une usine risque également de gravement perturber son activité, compromettre sa trésorerie, voire menacer son existence. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 70% des entreprises victimes d’un sinistre majeur disparaissent dans les mois qui suivent.  

Les enjeux ne sont pas seulement économiques, mais aussi : 

  • Environnementaux et humains, avec le risque de rejeter des déchets ou émanations toxiques ayant des conséquences immédiates graves pour le personnel, les riverains et l’environnement. Ce fut le cas par exemple lors de l’incendie de Notre-Dame de Paris, qui a entraîné la libération de plus de 400 tonnes de plomb sous forme de particules. Sur un site industriel, la fuite de substances telles que le chlore ou l’ammoniac pourrait provoquer de graves lésions. 
  • Sociaux, avec de nombreux emplois menacés si l’entreprise était mal assurée ou si l’activité venait à s’effondrer.  

 

Limiter les dommages directs et les pertes d’exploitation 

Dans l’éventualité d’un incendie en milieu industriel, la mise en place de mesures conservatoires est de première importance. Il s’agira par exemple d’éviter qu’un bâtiment ne s’effondre, et de sauver ce qui peut l‘être. Ces actions doivent être menées en collaboration avec l’entreprise, et en fonction de ses priorités, afin de limiter les dommages directs ou les pertes d’exploitation.   

En cas de sinistre partiel, la décontamination est également une étape importante dans la gestion du sinistre, et représente un gain de temps sur la reprise d’activité, donc une réduction des pertes d’exploitation. 

Face à un sinistre majeur, et quand la reconstruction prend plusieurs mois, le pilotage en mode projet prend tout son sens. Ce mode de gestion du sinistre offre à l’assureur ainsi qu’à l’assuré une meilleure visibilité de la vie du dossier, et de la période de perturbation de l’activité. Le fonctionnement en mode projet facilite également l’information en temps réel sur l’évolution du dossier, avec un monitoring des opérations d’expertise grâce à une plateforme collaborative et un outil de planification. 

 

Anticiper les risques incendie : recherche de cause et prévention 

L’étude et la recherche de cause est nécessaire dans la majeure partie des sinistres incendie de grande ampleur. Elle permet à l’entreprise et son assureur de comprendre ce qu’il s’est passé, et éventuellement d’exercer un recours contre le responsable. Connaitre la cause d’un sinistre est également essentiel pour mettre en place des mesures de prévention au problème rencontré 

Pour procéder à la recherche de cause incendie, la zone de départ du feu est placée en quarantaine le temps du recours éventuel. Cette action permet de préserver la zone afin de la rendre opposable pour constatation des parties responsables, de dessiner le scénario de l’incendie et des responsabilités qui en découlent.  

Dans le cas où la cause du sinistre est du fait de l’assuré, il est nécessaire de le sensibiliser. C’est pourquoi notre intervention porte également sur du conseil sur des mesures de prévention spécifiques à chaque sinistre incendie, mais aussi de l’analyse des dysfonctionnements matériels ou humains afin de prévenir la répétition du sinistre. 

Par exemple, dans le cadre d’un incendie d’origine électrique,  plusieurs mesures préventives peuvent être prises : thermographie infrarouge, consignes pour éteindre le matériel sous tension en fin d’utilisation, interdire un nombre trop important de branchement sur une multiprise (éviter la surcharge électrique) etc. 

 

La gestion des sinistres incendie industriels à l’international  

A l’international, la gestion de ce type de sinistres peut s’avérer complexe. La particularité d’un sinistre incendie à l’étranger se situe principalement dans le fait que certains pays ne disposent pas de société de décontamination, ce qui implique un aspect logistique supplémentaire à prendre en compte. 

A titre d’exemple, les équipes TGS ont récemment été mobilisées sur l’incendie d’une usine en Tunisie. Il a donc été décidé de faire appel à un maître d’œuvre pour les opérations de décontamination, notamment compte tenu de leur ampleur et leur complexité. 

Ce genre de situation présente une complexité assurantielle et expertale certaine. Un expert local, garant de la police locale, est présent sur le lieu du sinistre ; il est appuyé par un expert TGS, qui agit pour la police master, celle du siège social de l’entreprise sinistrée. Dans ce genre de situations, l’utilisation du mode projet est d’autant plus pertinente qu’elle facilite considérablement la communication entre les intervenants, et fluidifie les échanges. 

 

La réactivité et la technicité, mais également une souplesse organisationnelle sont essentielles à la bonne gestion de sinistres incendie en milieu professionnel. Des défis qu’un fonctionnement en mode projet, un réseau efficace et une expérience solide permettent de relever, en France comme à l’international.

 

Béatrice GRANDURY, Directrice International | TGS

Bruno DUCASSOU Directeur Paris Dommages| TGS